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Blog d'Etienne DURAND-RAUCHER

mardi 8 juillet 2008

Un nouveau venu sur la blogosphère toulousaine !

Après quelques mois d'absence suite à sa défaite aux élections municipales de mars dernier, l'ancien Maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a réouvert un blog, www.moudenc.fr, intitulé "Toulouse Avenir avec Jean-Luc Moudenc".

L'ouverture de ce blog est salutaire pour la démocratie locale et pour la blogosphère toulousaine, et je suivrai de près l'évolution du blog et des activités de "Toulouse Avenir", qui je l'espère évoluera dans un sens non partisan et débarrassé des étiquettes politiques (voir mon précédant billet sur les municipales et les étiquettes politiques).

jeudi 15 mai 2008

Assises de la mobilité: les premiers constats

Deux réunions, la réunion du secteur 4 et celle du secteur 1 ont déjà eu lieu. Malheureusement, je n'ai pas pu assisté à la réunion du secteur 1 à laquelle je voulais participer. Mais déjà peut-on faire plusieurs constats, les uns plutôt positifs, les autres plutôt négatifs :

Les constats positifs:

- un site web très complet avec des comptes-rendus détaillés, l'intégralité des débats retransmis...sans cela je ne pourrai pas faire de billet sur le sujet, et c'est un signe de transparence louable !

- une volonté affichée qui semble se concrétiser d'écouter les toulousaines et les toulousains, qui sont réellement acteurs de ces assises.

Les constats négatifs:

- certes, les toulousains sont écoutés, mais encore faut-il qu'ils en soient informés. Car si les panneaux publicitaires informent de ces assises, le citoyen doit faire la démarche lui-même d'aller sur le site web pour voir les dates des réunions. En effet, je ne sais pas si c'est seulement mon cas, mais je n'ai reçu chez moi aucune brochure ou information alors que je paye la taxe d'habitation. Il aurait été judicieux, et je pense pas très couteux, d'envoyer à chaque toulousain une lettre explicative avec les dates des réunions, et pourquoi pas un questionnaire à remplir pour ceux qui n'auraient pas le temps de s'y rendre.

- Deuxième regret, l'absence de personnes qualifiées dans le domaine des transports et des acteurs économiques. Il est en effet flatteur pour le citoyen d'annoncer "les experts pour parler mobilité, c'est vous", mais les financements, les aspects techniques, la concrétisation de ces assises en réalisation effective ne pourra se faire qu'avec les partenaires économiques, les professionnels de la mobilité. C'est d'ailleurs sur cette concrétisation réelle que sera jugé l'équipe de Pierre Cohen, et nous verrons certainement cela à mi-mandat voire à la fin du mandat.

dimanche 4 mai 2008

J-1 avant le lancement des "Assises de la mobilité" à Toulouse: le premier grand test pour Pierre Cohen

Demain seront lancées les "Assises de la mobilité", qui auront lieu du 5 mai au 28 juin. Au programme, réunions par secteur, puis réunions par thèmes (transports collectifs, modes doux de déplacement, entreprises, voitures), et enfin réunion plénière pour faire la synthèse des propositions des toulousains, des experts...

Intitulée "Etats généraux de la mobilité" dans le programme de "Toulouse autrement", rapidement approprié par la liste de Pierre Cohen, adoptée enfin par la liste "Toulouse pour tous" de Jean-Luc Moudenc (cette partie du programme de "Toulouse autrement" étant une condition de la fusion au second tour), source des principaux débats pendant la campagne, ces Assises de la mobilité seront très suivies par les toulousains, et par les médias locaux.

Sur la forme, on peut peut-être regretter la communication axée sur les panneaux publicitaires notamment, ce qui coûte sûrement assez chers par rapport à l'envoi d'une lettre explicative et d'une documentation à tous les toulousains, ce qui n'a pas été fait pour l'instant.

Mais l'enjeu n'est pas là. L'équipe de Pierre Cohen sera jugée sur les résultats, et sur la façon dont la municipalité mettre réellement en œuvre le plan d'action esquissé pendant ces semaines de la mobilité. Plusieurs questions se posent: va-t-on réellement donner aux toulousains les moyens de réfléchir et de proposer, ou va-t-on les mettre devant des diapos Powerpoint de projets déjà ficelés ? Deuxième question, si les toulousains peuvent vraiment proposer, va-t-on réellement appliquer leurs propositions, et avec quels moyens ? Il faudrait que la dernière réunion, la réunion plénière, soit une réunion de vérité, où les élus feront le bilan des propositions, informent des moyens financiers à dispositions, et débattent avec les participants des priorités, pour qu'à la fin de ces Assises, on arrive à un plan d'action réel, relativement rapide et réaliste.

Pour ma part, je me rendrai certainement, dans la mesure de mes disponibilités, à la réunion du secteur 1 et à certaines réunions thématiques, sans à priori négatif ! Car la mobilité concerne tous les toulousains ! Affaire à suivre !

Site web des Assises de la mobilité: http://assisesdelamobilite.toulouse.fr

lundi 28 avril 2008

Quand la décentralisation permet à la Mairie d'influer sur la politique nationale...

Comme je l'avais dénoncé dans un billet du dimanche 6 avril, Pierre Cohen continue de "lutter" contre la politique de l'éducation du gouvernement. Il avait d'abord décidé de fermer les écoles pendant les vacances scolaires privant ainsi les élèves en difficulté des stages gratuits de remise à niveau, ce qui me paraît grave pour un socialiste, Maire de tous les toulousains.

Lors du dernier Conseil Municipal, la municipalité a décidé de mettre fin au service minimum à l'école lors des grèves des instituteurs. Cette dernière décision me choque beaucoup moins car elle permet en effet de sauvegarder le droit de grève essentiel, même si certaines familles peuvent être gênées par cette situation. Mais plus que l'opportunité de cette décision, ce qui me paraît grave est qu'une municipalité puisse pouvoir décider de ce genre de mesures concernant directement l'éducation. Ainsi, dans telle ou telle ville, les enfants n'auront pas exactement les mêmes services dans l'éducation nationale. A Toulouse, les élèves ont ainsi été privés de ces fameux stages de remise à niveau, et à Toulouse, le droit de grève pour les instituteurs sera peut-être plus effectif qu'ailleurs...est-ce normal ? Je ne le crois pas.

Face à cette nouvelle marque de politisation et de nationalisation de la vie locale et municipale, je crois que les élus MoDem ont bien fait de s'abstenir, marquant ainsi le fait qu'il ne s'agit pas d'être pour ou contre cette décision mais d'estimer que la Mairie n'avait pas réellement à s'en mêler. En effet, Jean-Luc Lagleize a expliqué que "Si une municipalité n'a pas à s'impliquer dans un débat interne à l'Education nationale, nous récusons la présentation de cette délibération".

jeudi 17 avril 2008

Toulouse: les raisons de la défaite selon les militants UMP...

Après la défaite de la liste de Jean-Luc Moudenc, l'UMP 31 a fait un sondage interne pour connaître, selon les militants, les raisons de la défaite. Voici les résultats de ce sondage:

La droite et le centre ont perdu les élections municipales à Toulouse les 9 et 16 Mars, laissant par la même les forces de gauche imposer une situation de totale hégémonie politique sur le département de la Haute-Garonne.

Selon vous, quelles sont les raisons objectives de cette défaite ?

Ont répondu 19,40 % des personnes interrogées, attribuant la défaite de la liste de JL Moudenc à :

   - Une nationalisation du scrutin : 24 %
   - Une campagne municipale inefficace et trop "molle" : 18 %
   - Un manque de charisme des candidats qui n'a pas incité à la mobilisation : 13 %
   - Un rejet de la liste présentée (trop d’ouverture, fusion avec le Modem mal vécue) : 12 %
   - Un renouvellement insuffisant des élus et co-listiers UMP : 6 %
   - Une mise à l’écart de l’UMP durant la campagne : 6 %
   - Un projet pour Toulouse insuffisamment clair ou mal compris : 4 %
   - Une division de la droite locale et une mauvaise mobilisation : 4 %
   - Une part de responsabilité de certaines personnalités : 4 %
   - Un rejet de certaines personnalités durant la campagne : 3 %
   - Une évolution de l’électorat toulousain défavorable à la droite : 2 %
   - Un manque d’ambition de l’UMP : 2 %
   - Une trop faible implication des personnalités durant la campagne : 2 %

Plusieurs remarques:

- ce sondage a été fait peu après la défaite, ce sont donc des réactions à chaud (il a été fait la semaine après la défaite)

- concernant la nationalisation du scrutin, celle-ci est évidente, d'autant plus que Pierre Cohen a joué à fond la carte "Toulouse à gauche". C'est pourquoi je persiste à dire que la réponse à cette politisation doit être une réponse de projet sans étiquette politique affirmée.

- selon une partie des militants de l'UMP (18%) , la campagne municipale était "molle et inefficace": je ne ferai pas de commentaires étant donné que je n'ai pas assisté à la campagne du premier tour en tant que colistier de Jean-Luc Moudenc, mais en tant que colistier "Toulouse autrement" qui a mené une campagne pas molle du tout (!), mais cette critique est aussi une auto-critique des militants.

- sur le manque de charisme des candidats, d'une part ce n'est certainement pas le charisme de Pierre Cohen qui a fait la différence, d'autre part si Jean-Luc Moudenc n'est pas un professionnel des discours (et encore, cela se discute), il a néanmoins un côté très humain et on sent qu'il est très attaché à Toulouse.

- enfin, selon 12% des militants UMP, la défaite serait due à l'ouverture trop prononcée de la liste et la fusion mal vécue avec le MoDem: pour ma part, ce ne sera pas un scoop, je crois le contraire ! Face au sectarisme et à la politisation de la liste Cohen, je crois qu'il aurait fallu encore plus jouer la carte de l'ouverture, du rassemblement au-delà des étiquettes. Quant à la fusion avec le MoDem, elle a au contraire permis un sursaut et une dynamique alors que le réservoir des voix de Jean-Luc Moudenc était limité. Il nous a certainement manqué du temps pour expliquer cette fusion, mais elle a été très clairement bénéfique.

En conclusion, je ne suis pas franchement d'accord avec l'analyse des militants de l'UMP, mais ceci n'est pas un scoop !

dimanche 13 avril 2008

Les élections municipales et les étiquettes politiques font-elles bon ménage ?

A Toulouse, il parait évident que Pierre Cohen a gagné, de justesse, grâce à l'étiquette d'une gauche rassemblée, et elle a gagné face à une équipe de rassemblement donnant peu d'importance à l'étiquette politique préférant l'ouverture et le rassemblement sur le projet municipal. Mais si l'étiquette a gagné, il me semble pourtant que, même si nous sommes dans la quatrième ville de France, enjeu important, les élections municipales se prêtent mal au jeu d'étiquettes.

En effet, la question des transports, l'aménagement urbain, la culture, et bien d'autres domaines encore, ne sont souvent pas des questions de gauche, de centre ou de droite, mais bien de projet municipal. Il suffit de s'apercevoir que dans de nombreux domaines, deux villes peuvent avoir une gestion municipale proche alors même que leurs étiquettes politiques sont différentes, et inversement deux villes du même bord politique avoir des politiques municipales radicalement différentes.

Bien sûr, les partis, qui ont leurs outils, leurs militants, et bien sûr leurs besoins d'avoir des élus locaux, ont un rôle à jouer. Mais il me semble que le rassemblement des idées ne doit pas et ne doit plus se faire sur des questions de proximités nationales. C'est finalement ce qu'a prôné le MoDem au second tour des élections municipales, mais cela a été fait d'une manière très maladroite, pour plusieurs raisons :
- d'abord, le MoDem, lorsqu'il s'est allié au second tour prônant le rassemblement des idées locales, avait au premier tour arboré très fortement l'étiquette MoDem, ce qui à mon avis nous a fait perdre un nombre important de voix, car on ne peut pas prôner le rassemblement des personnes de bords différents et faire une campagne 100% MoDem au premier tour...
- ensuite, car le second tour a été mal préparé, pour la simple et bonne raison que les élections municipales ne sont arrivées que quelques mois après la fondation du MoDem.
- enfin, parce que la stratégie du MoDem est une stratégie présidentialiste, et que le fonctionnement du MoDem laisse souvent à désirer, mais cela fera l'objet d'un prochain billet.

Concernant le cas de Toulouse, je crois que face au sectarisme et à la politisation extrême de Pierre Cohen, l'alternative ne demeurera que dans l'union des forces sur la base d'un projet pour Toulouse, en laissant de côté les étiquettes. Jouer le même jeu que Pierre Cohen en misant sur l'union des partis et l'addition des étiquettes est la pire des solutions. Pierre Cohen, au cours de son premier mois de mandat, a à mon sens déjà fait des erreurs que j'ai décrite sur ce blog. L'alternative est une équipe rassemblée et renouvelée pour Toulouse qui laissera de côté les questions de politiques nationales, même si les partis peuvent et doivent avoir un rôle à jouer, même si les candidats sont souvent (mais pas toujours) des militants politiques (ayant des idées différentes sur les questions nationales). Le combat droite / gauche à Toulouse me semble dépassé, même si les électeurs se sont prononcés pour une équipe entièrement à gauche.

vendredi 11 avril 2008

Pierre Cohen, le super-cumulard !

Pierre Cohen a aujourd'hui été élu Président de la Communauté d'agglomération du Grand Toulouse. Il est donc Député de la 3e circonscription de Haute-Garonne (circonscription très large et pas uniquement toulousaine), Maire de Toulouse, quatrième ville de France, et Président de la Communauté d'agglomération. Le non-cumul des mandats, c'est bien...pour les autres ! Il est quand même très anormal de cumuler autant de fonctions qui sont des fonctions qui demandent de l'énergie et du temps. Pierre Cohen sera donc un Maire à mi-temps, un député absentéiste...Droite, gauche, centre (et oui, nous n'échappons pas à la règle, ici je ne fais pas de langues de bois et notre leader national François Bayrou, s'il avait été élu à Pau, aurait été lui aussi un Maire à mi-temps, voire un Maire fantôme lorsqu'on connaît son agenda de député et Président du MoDem), toutes les formations politiques font des beaux discours mais comptent parmi leurs élus de nombreux super-cumulards...On me répondra que Toulouse sera mieux défendue au niveau national...quel aveu ! Cela signifie donc que les députés, censés représenter la Nation et l'intérêt général, ne sont là que pour défendre leur petit bout de terrain pour récupérer ou garder des voix (qui serait, à la limite, le rôle d'un Sénateur)...raison de plus pour interdire le cumul des mandats des députés et des Maires, proposition non retenue par le Comité Balladur.

dimanche 6 avril 2008

Stages de remise à niveau: Pierre Cohen fait de Toulouse une forteresse politicienne

Pierre Cohen a annoncé la fermeture des écoles pendant les vacances scolaires, pour s'opposer à la mise en place pendant celles-ci de stages gratuits de remise à niveau pour les élèves en difficulté, proposés par le Ministère de l'Education Nationale. Ces stages seront assurés par des professeurs payés en heures supplémentaires défiscalisées, sur la base du volontariat, et sera proposé pour des groupes d'environ 5 élèves. Aujourd'hui seule la ville de Toulouse (source : Ministère de l'Education Nationale et site web de la Ville de Toulouse), qui n'est pourtant pas la seule ville de gauche, a annoncé son refus d'ouvrir les écoles pendant les vacances scolaires, refusant ainsi d'aider des élèves volontaires, en difficulté, de bénéficier d'une aide scolaire, qui, si elle doit certainement être améliorée et mieux préparée, ne peut être que bénéfique pour les élèves.

Mais Pierre Cohen, qui souhaite accueillir le Congrès du Parti Socialiste, réfléchit en tant que socialiste, en tant qu'opposant au gouvernement, et non en tant que Maire de Toulouse. Il veut faire de Toulouse la ville qui résiste à Sarkozy, la forteresse socialiste. Je n'approuve pas la politique de Nicolas Sarkozy, et d'ailleurs je n'ai pas voté pour lui. Mais réfléchir à l'avenir de Toulouse dans un esprit politicien est grave. S'opposer, ce n'est pas bloquer. S'opposer, ce n'est pas rejeter toutes les initiatives en bloc, surtout lorsqu'elles peuvent être positives, lorsqu'elles sont dénuées d'idéologie. Non Monsieur Cohen, gérer une Ville, ce n'est pas faire de l'idéologie. Toulouse n'a pas pour vocation d'être bien vue par le Parti Socialiste ! L'équipe municipale doit gérer Toulouse pour Toulouse, pour tous les toulousaines et les toulousains.
Le point positif, c'est que Pierre Cohen facilite la tâche de l'opposition, tellement ses actes sont pour l'instant bel et bien politiciens, ce dont Toulouse n'a pas besoin !

samedi 5 avril 2008

Pour une transparence des décisions du Conseil Municipal

Pour écrire mes billets sur la politique toulousaine, je ne peux pas inventer ce qui se passe, et j'essaye de me tenir au courant des décisions prises par le nouveau Conseil Municipal. Or, si le premier Conseil Municipal a été retranscrit sur le site www.toulouse.fr, il n'en a rien été pour les suivants. Seul l'ordre du jour est consultable, mais la seule source d'information reste la plupart du temps le site web de La Dépêche, ce qui est loin d'être fiable et transparent...J'espère vivement que l'équipe municipale en place, qui prônait une démocratie transparente, se donnera les moyens (qui ne sont pas difficiles à mettre en oeuvre en y réflichissant) de cet objectif. En attendant, le site web officiel de la ville de Toulouse n'a pas changé, mis à part qu'il arbore fièrement, dans quelques articles, le titre de "Député-Maire" pour Pierre Cohen...est-ce un signe qui signifie que Pierre Cohen ne démissionnera finalement pas de son mandat de député, le non-cumul des mandats étant un excellent principe...pour les autres !

jeudi 3 avril 2008

Pierre COHEN: un bon point, un mauvais point

Cela fait bientôt trois semaines que Pierre Cohen est devenu maire de Toulouse. Même si on ne peut pas vraiment faire de bilan en si peu de temps, deux points ont retenu mon attention.

- Un point positif: le boycott de l'inauguration de la Foire Internationale consacrée à la Chine

Il me semble qu'il faut adresser des messages clairs aux gouvernants chinois, et que l'approche des JO sont une occasion de le faire. Il était courageux, même si ce n'est qu'à un petit niveau, de prendre cette décision. En outre, je ne pense pas que les exposants puissent vraiment avoir été pénalisés par la non-présence des élus locaux, mais que cela a été un signe à l'encontre des représentants de l'Etat chinois.

- Un point négatif: la non considération de l'opposition municipale

L'équipe de Pierre Cohen a gagné avec 1000 voix d'écart, ce qui signifie que pratiquement un toulousain sur deux n'est pas forcément satisfait du résultat. Compte-tenu de cela, il aurait été opportun, et surtout conforme aux discours tenus pendant la campagne sur la démocratie et le respect de l'opposition, de maintenir le geste républicain qu'avait Jean-Luc Moudenc envers l'opposition, qui consistait à donner à celle-ci 37% des moyens financiers attribués aux groupes politiques. Pierre Cohen a décidé de faire une "simple application de la proportionnelle", l'opposition se retrouvant avec 25% des moyens financier. Et je ne parle pas de sa décision consistant à faire passer le nombre de conseillers municipaux permettant de créer un groupe de deux à quatre. Finalement, Pierre Cohen confirme son sectarisme, et sa volonté de faire de Toulouse une forteresse politique plutôt qu'un lieu de débat local.

mercredi 2 avril 2008

Retour sur le second tour...


Comme vous le savez, après avoir été septième de la liste MoDem "Toulouse autrement" conduite par Jean-Luc Forget, pour les élections municipales, j'ai accepté, au second tour, d'être candidat (à la 51e place) sur la liste "Toulouse pour tous" conduite par Jean-Luc Moudenc qui avait fusionné avec la notre.

Pourquoi ce choix ?

Je ne reviendrai pas sur la polémique qui a eu lieu entre les deux tours sur les conditions de la prise de décision de cette fusion, parfaitement démocratique à mon sens, car cela a été largement discuté et il est inutile d'y revenir. J'insisterai donc davantage sur mon choix personnel.

Quand Jean-Luc Forget m'a proposé d'être à nouveau colistier pour le second tour, plusieurs éléments me sont venus à l'esprit:

- d'abord, je souhaitais continuer à aider Jean-Luc, et la meilleure manière de le faire était sans doute d'être candidat à ses côtés;

- la chance qui était offerte par Jean-Luc Forget et Jean-Luc Moudenc aux jeunes comme Emilie, Laetitia et moi de devenir conseiller municipal avec de véritables responsabilités était une chance extraordinaire et une considération profonde envers les jeunes et le renouvellement des générations en politique.

- si j'ai décidé de ne pas voter Nicolas Sarkozy au second tour des élections présidentielles, Jean-Luc Moudenc ne nous a en aucun moment demandé quelles étaient nos diverses sensibilités au point de vue national. Même s'il s'agit de la quatrième ville de France, il me semble que la gestion des transports, l'aménagement des berges de la Garonne, la démocratie locale ne sont pas des questions d'étiquettes politiques (cela fera l'objet d'un prochain billet). Or concernant l'équipe de Pierre Cohen, celle-ci est politisée à outrance, je doute qu'une personne ayant voté Sarkozy aurait pu trouvé une place à ses côtés. Cette politisation de la gestion municipale, qu'elle soit de droite (avec Philippe Douste-Blazy en son temps) ou de gauche (avec Pierre Cohen aujourd'hui), je la rejette et la rejetterai toujours. Je crois même qu'une des faiblesses de notre campagne a été de vouloir trop marquer l'étiquette "MoDem" (mais j'empiette sur le billet que j'ai annoncé sur les questions d'étiquettes politiques dans les élections municipales).

- enfin, et c'est peut-être le plus important, Jean-Luc Moudenc aime Toulouse. Sa vie politique a été consacré à cette ville. C'est un homme de terrain qui a su reconnaître ses erreurs, notamment la rue Alsace-Lorraine, symbole d'une démocratie locale inachevée et inefficace (Jean-Luc Moudenc savait qu'il fallait réformer la démocratie locale, et souhaiter pour cela nommer Jean-Luc Forget adjoint à la démocratie locale). Pierre Cohen donne lui l'impression, aux fils de ses interventions, que Toulouse était un sommet dans sa carrière, une opportunité.

Tout cela pour dire que j'ai été fier d'être colistier de Jean-Luc Forget et d'avoir défendu nos valeurs. Nous avons apporté au débat municipal, nous avons pesé, nous avions une légitimité à être présent au premier tour, avec nos idées, nos différences, nos critiques. Mais je ne regrette en aucun cas ma candidature au second tour sur la liste "Toulouse pour tous" conduite par Jean-Luc Moudenc. Je crois sincèrement que c'est un homme bien et j'espère qu'il continuera sa vie politique locale, et que l'on pourra faire en sorte de dépolitiser l'opposition municipale, et surtout de la renouveler, car c'est de cela dont elle a réellement besoin (je n'insisterai pas sur ce point car tout le monde voit de quoi il s'agit !)