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Blog d'Etienne DURAND-RAUCHER

vendredi 13 juin 2008

Après le NON irlandais, quel avenir pour l'Union Européenne ?

Après l'échec du Traité constitutionnel, son petit frère, le Traité de Lisbonne, semble avoir la même issue, et l'application totalement inadéquate du traité de Nice semble devoir être la règle pour un petit moment encore. En effet, le peuple irlandais vient de rejeter par référendum l'adoption du Traité de Lisbonne, ce qui va vraisemblablement déboucher sur une nouvelle crise institutionnelle de l'UE à l'aube de la présidence française.

Mais cette nouvelle embûche européenne montre à nouveau un constat évident: malgré les différences contextuelles, le peuple européen, chaque fois qu'il en a l'occasion, saisit la balle au bond pour signifier aux hommes politiques leur défiance vis-à-vis de l'Union Européenne, la rupture de confiance entamée depuis longtemps et qui éloigne de plus en plus les citoyens de l'idéal européen initial. L'Union Européenne est en effet perçue comme la technocratie, le symbole de la baisse du pouvoir d'achat (associée à l'€uro et aux aides d'Etat conditionnées par Bruxelles)...alors que faire ?

Il me semble que trois éléments sont à considérer :

- d'une part, la plupart des hommes politiques nationaux ont tendance à conforter cette défiance, en se défaussant sur Bruxelles pour faire passer des réformes impopulaires, alors même qu'ils participent aux décisions européennes.

- d'autre part, malgré la répétition de cette anomalie, rien n'est fait (en France en tout cas) pour améliorer la situation du traitement médiatique des affaires européennes. Aucun débat européen, au sein du Parlement européen notamment, ne fait l'objet d'autant de considération médiatique que les débats au sein de l'Assemblée Nationale. Les hommes politiques français ne s'y trompent d'ailleurs pas, et préfèrent nettement un siège de député que de député européen...

- enfin, le fonctionnement des instances européennes n'est pas assez politique. Il faudrait en effet que la Commission européenne soit plus impliquée politiquement, moins technicienne, et pour cela être politiquement issue des couleurs et tendances politiques majoritaires au Parlement européen. Et c'est justement à ce Parlement européen que reviendra la tâche de peser dans ce sens dans le débat sur l'avenir des institutions européennes. Cela donne du coup aux élections européennes de 2009 une importance toute particulière...

vendredi 9 mai 2008

Fête de l'Europe - Pour un rassemblement des centristes aux élections européennes


En ce jour de fête de l'Europe, à l'aube de la présidence française de l'Union Européenne et à un an des élections européennes, le constat pour l'Europe est amer. Avec le Traité simplifié (qui porte très mal son nom soit dit en passant!) de Lisbonne, l'Europe peut certes continuer à avancer, mais il n'y a pas d'élan européen. L'Europe n'est pas poussée par le peuple, au contraire le peuple, les peuples la rejettent, la trouvent éloignée de ses préoccupations.

Pourtant, l'Europe est concrètement la voie de l'avenir en matière de défense, en matière d'environnement, en matière d'immigration, en matière d'emploi et plus largement d'économie. Nous savons bien que les solutions nationales, si elles diffèrent trop au sein de l'Europe, affaiblissent tous les pays européens. Que les grands sujets d'avenir, de mutation de nos sociétés, n'auront des réponses qu'à l'échelle européenne. C'est pourquoi il faut donner un nouveau souffle à l'Europe, et cela passe me semble-t-il par une Europe populaire, c'est-à-dire une Europe plus démocratique mais surtout plus politique, comprise par le peuple, proche du peuple.

Dans ce contexte, à un an des élections européennes, il me semble nécessaire de rassembler les forces centristes, démocrates de tous les pays européens, ce qui serait un signe fort. Car en effet, si une chose rassemble les centristes, c'est bien le sujet de l'Europe. En France, le MoDem, le Nouveau Centre, le Parti Radical de Gauche, le Parti Radical, et toutes les autres formations se réclamant du centre pourraient se réunir pour porter l'idéal européen qui les rassemble, et discuter ensuite avec les autres formations politiques centristes des pays européens.

C'est en tout cas le vœux, peut-être utopique, que je forme en ce jour de Fête de l'Europe !