Après le NON irlandais, quel avenir pour l'Union Européenne ?
Par edr, vendredi 13 juin 2008 à 22:23 :: Europe :: #31 :: rss
Après l'échec du Traité constitutionnel, son petit frère, le Traité de Lisbonne, semble avoir la même issue, et l'application totalement inadéquate du traité de Nice semble devoir être la règle pour un petit moment encore. En effet, le peuple irlandais vient de rejeter par référendum l'adoption du Traité de Lisbonne, ce qui va vraisemblablement déboucher sur une nouvelle crise institutionnelle de l'UE à l'aube de la présidence française.
Mais cette nouvelle embûche européenne montre à nouveau un constat évident: malgré les différences contextuelles, le peuple européen, chaque fois qu'il en a l'occasion, saisit la balle au bond pour signifier aux hommes politiques leur défiance vis-à-vis de l'Union Européenne, la rupture de confiance entamée depuis longtemps et qui éloigne de plus en plus les citoyens de l'idéal européen initial. L'Union Européenne est en effet perçue comme la technocratie, le symbole de la baisse du pouvoir d'achat (associée à l'€uro et aux aides d'Etat conditionnées par Bruxelles)...alors que faire ?
Il me semble que trois éléments sont à considérer :
- d'une part, la plupart des hommes politiques nationaux ont tendance à conforter cette défiance, en se défaussant sur Bruxelles pour faire passer des réformes impopulaires, alors même qu'ils participent aux décisions européennes.
- d'autre part, malgré la répétition de cette anomalie, rien n'est fait (en France en tout cas) pour améliorer la situation du traitement médiatique des affaires européennes. Aucun débat européen, au sein du Parlement européen notamment, ne fait l'objet d'autant de considération médiatique que les débats au sein de l'Assemblée Nationale. Les hommes politiques français ne s'y trompent d'ailleurs pas, et préfèrent nettement un siège de député que de député européen...
- enfin, le fonctionnement des instances européennes n'est pas assez politique. Il faudrait en effet que la Commission européenne soit plus impliquée politiquement, moins technicienne, et pour cela être politiquement issue des couleurs et tendances politiques majoritaires au Parlement européen. Et c'est justement à ce Parlement européen que reviendra la tâche de peser dans ce sens dans le débat sur l'avenir des institutions européennes. Cela donne du coup aux élections européennes de 2009 une importance toute particulière...
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