Les élections municipales et les étiquettes politiques font-elles bon ménage ?
Par edr, dimanche 13 avril 2008 à 22:09 :: Toulouse :: #8 :: rss
A Toulouse, il parait évident que Pierre Cohen a gagné, de justesse, grâce à l'étiquette d'une gauche rassemblée, et elle a gagné face à une équipe de rassemblement donnant peu d'importance à l'étiquette politique préférant l'ouverture et le rassemblement sur le projet municipal. Mais si l'étiquette a gagné, il me semble pourtant que, même si nous sommes dans la quatrième ville de France, enjeu important, les élections municipales se prêtent mal au jeu d'étiquettes.
En effet, la question des transports, l'aménagement urbain, la culture, et bien d'autres domaines encore, ne sont souvent pas des questions de gauche, de centre ou de droite, mais bien de projet municipal. Il suffit de s'apercevoir que dans de nombreux domaines, deux villes peuvent avoir une gestion municipale proche alors même que leurs étiquettes politiques sont différentes, et inversement deux villes du même bord politique avoir des politiques municipales radicalement différentes.
Bien sûr, les partis, qui ont leurs outils, leurs militants, et bien sûr leurs besoins d'avoir des élus locaux, ont un rôle à jouer. Mais il me semble que le rassemblement des idées ne doit pas et ne doit plus se faire sur des questions de proximités nationales. C'est finalement ce qu'a prôné le MoDem au second tour des élections municipales, mais cela a été fait d'une manière très maladroite, pour plusieurs raisons :
- d'abord, le MoDem, lorsqu'il s'est allié au second tour prônant le rassemblement des idées locales, avait au premier tour arboré très fortement l'étiquette MoDem, ce qui à mon avis nous a fait perdre un nombre important de voix, car on ne peut pas prôner le rassemblement des personnes de bords différents et faire une campagne 100% MoDem au premier tour...
- ensuite, car le second tour a été mal préparé, pour la simple et bonne raison que les élections municipales ne sont arrivées que quelques mois après la fondation du MoDem.
- enfin, parce que la stratégie du MoDem est une stratégie présidentialiste, et que le fonctionnement du MoDem laisse souvent à désirer, mais cela fera l'objet d'un prochain billet.
Concernant le cas de Toulouse, je crois que face au sectarisme et à la politisation extrême de Pierre Cohen, l'alternative ne demeurera que dans l'union des forces sur la base d'un projet pour Toulouse, en laissant de côté les étiquettes. Jouer le même jeu que Pierre Cohen en misant sur l'union des partis et l'addition des étiquettes est la pire des solutions. Pierre Cohen, au cours de son premier mois de mandat, a à mon sens déjà fait des erreurs que j'ai décrite sur ce blog. L'alternative est une équipe rassemblée et renouvelée pour Toulouse qui laissera de côté les questions de politiques nationales, même si les partis peuvent et doivent avoir un rôle à jouer, même si les candidats sont souvent (mais pas toujours) des militants politiques (ayant des idées différentes sur les questions nationales). Le combat droite / gauche à Toulouse me semble dépassé, même si les électeurs se sont prononcés pour une équipe entièrement à gauche.
Commentaires
1. Le mardi 15 avril 2008 à 22:51, par Bruno Poterie
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